Le criquet tient dans le creux de la main – Chèvrecujols (19)

Le criquet tient dans le creux de la main – Chèvrecujols (19)

Fin septembre, c’est le début de l’automne et (ouf !) les températures deviennent plus raisonnables, même si les normales de saison sont encore inhabituelles et que les pluies tardent à venir. Si la majorité des espèces faunistiques et floristiques commencent à se faire discrètes (voire ont disparu une fois leur cycle biologique accompli), il reste encore des merveilles à contempler en cette fin de saison.

Ce mercredi 30 septembre 2026 a eu lieu une animation autour des orthoptères du Désert de Chèvrecujols. Les orthoptères (du grec orthos, droit, et ptéron, aile) sont un ordre d’insectes regroupant criquets, sauterelles, grillons et courtilières. Les pelouses, landes et dalles gréseuses de ce site unique offrent un habitat idéal pour certaines espèces de criquets et sauterelles dont la répartition limousine est limitée au Sud-Corrèze. Les milieux humides du site n’ont pas été visités à cette occasion mais participent à la diversité biologique de cet ordre d’insectes au niveau local.

Decticelle rudérale (Platycleis affinis)
Empuse pennée (Empusa pennata)
Mante religieuse (Mantis religiosa).

Les 15 bénévoles mobilisés pour participer à cet inventaire à vocation pédagogique se sont équipés de filets, boîtes d’observation, loupes et appareils photos afin de se mettre dans la peau d’un naturaliste et observer les orthoptères de Chèvrecujols, mais aussi d’autres types d’insectes tels que papillons, mantes ou encore neuroptères. 11 espèces de criquets, 2 espèces de sauterelles et 1 espèce de grillon ont pu être observées et décrites à cette occasion. 36 espèces d’orthoptères sont connues sur ce site, néanmoins la saison tardive ainsi que les conditions de sécheresse de l’été 2026, couplées à la difficulté de détection de certaines d’entre elles, justifient que l’ensemble du cortège n’ait pu être inventorié. Néanmoins, L’Oedipode aigue-marine (Sphingonotus caerulans) et le Criquet des garrigues (Omocestus raymondi), deux espèces particulièrement rares en Corrèze (qui plus est en Limousin), ont fait partie des raretés que les participants ont été ravis d’observer.

Aiolope automnale (Aiolopus strepens) Paul Valery
Criquet des garrigues (Omocestus raymondi) Bruno Labrousse
Oedipode aigue-marine (Sphingonotus caerulans) Bruno Labrousse

Les techniques d’inventaires, de manipulation et d’identification ont été expliquées succinctement et la biologie et l’écologie des espèces rencontrées ont été abordées afin de transmettre aux participants l’envie d’aiguiser leur curiosité du vivant et, peut-être, de se convertir eux-mêmes en sentinelles de la biodiversité dans leurs propres localités et sur les sites du CEN Nouvelle-Aquitaine. En effet, les changements climatiques que nous vivons impliquent des changements de répartition parfois rapides pour ces espèces, dont nombre d’entre elles possèdent d’importantes capacités de déplacement. Comme dit le proverbe sénégalais : « le criquet tient dans le creux de la main, mais on l’entend dans toute la prairie », autrement dit, une petite contribution est susceptible de faire grandement avancer l’état des connaissances.

Ce type d’action est un préalable au lancement d’un Atlas de la Biodiversité Communale de Brive devant débuter en 2027. L’appropriation de la biodiversité locale par le grand public et sa participation à l’amélioration des connaissances sera susceptible de s’inscrire dans ce cadre.

Merci aux participants d’avoir contribué à faire de cette demi-journée un beau moment d’échange et de partage !

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