Balade au fil des sources à Maulay (86)

Cette balade organisée avec Marylou Mechin, technicienne de rivières au syndicat de rivières Val de Vienne, et Vincent Aguillon, animateur patrimoine à la Communauté de communes du Pays Loudunais, a été un vrai succès. Plus de 50 personnes étaient présentes pour découvrir autrement leur territoire en observant le paysage, la faune et la flore lors de la balade au fil des sources du 15 avril. La thématique de l’eau – bassin versant, cours d’eau, sources et zones humides – était au coeur de la balade puisque la randonnée s’est déroulée de la fontaine de Romard à la source de la Ribardière en passant par les chemins communaux et les bois de Maulay.

Plus de 500 sources ont été dénombrées en Nord Vienne dans le cadre du programme « Odyssée blanche » porté par la communauté de communes du Pays Loudunais dans les années 2010. Certaines ont été restaurées et aménagées pour le public, comme Romard et la Ribardière. Ces deux sources aliment le Goille, cours d’eau affluent du Mable, lui-même affluent de la Veude et de la Vienne.
Avant les grands travaux de modernisation des campagnes au XXème siècle qui ont permis de mettre en culture de nombreuses terres et d’améliorer l’outil de travail agricole, les rivières étaient souvent bordées de prairies dans le bassin versant du Goille comme ailleurs. Le plus souvent pâturées, parfois fauchées, ces terres étaient plus ou moins humides au gré des saisons. Pratiquées en été, elles se gorgeaient d’eau en hiver, recevaient le ruisseau débordant et infiltrant la précieuse ressource bleue vers les nappes. Quand l’eau venait à manquer, ces terres mouillées restituaient l’eau au ruisseau assoiffé, assurant un débit suffisant aux habitants aquatiques, malgré les sécheresses.
Depuis, l’usage des terres riveraines ne permet ni au Goille de sortir de son lit, ni au sol de retenir l’eau. Le territoire est d’avantage vulnérable aux aléas climatiques : les crues n’ont plus la place de se dissiper, l’eau est alors rapidement évacuée vers l’aval, accentuant alors la violence de la crue. Vite asséchés, les sols riverains n’ont plus d’eau à restituer en été, le cours d’eau risque alors de tomber en assec.
On a longtemps cherché à dissocier les zones terrestres des zones en eau. Entre les deux, se situent les zones humides, véritables tampons entre la terre ferme et l’eau, agissant comme des éponges. Quoi de plus efficace que de redonner à la rivière la place de s’épandre sur les côtés lorsque les pluies sont intenses ?
C’est le projet qui se dessine sur la commune de Maulay. A la demande des élus, fin 2024, le CEN Nouvelle-Aquitaine et le syndicat de rivières ont commencé un travail de concertation avec les propriétaires riverains du cours d’eau et les agriculteurs pour envisager un projet de restauration hydromorphologique du Goille et de reconnexion avec ses zones humides.
Laure Boniakowski


