Réserve naturelle régionale de la haute vallée de la Vézère (19)

La Réserve naturelle régionale de la haute vallée de la Vézère est un site naturel protégé de plus de 196 hectares, situé en Haute Corrèze au cœur du Plateau de Millevaches, sur les communes de Saint-Merd-les-Oussines et Tarnac. Elle se situe à quelques kilomètres en aval des sources de la Vézère (Tourbière du Longeyroux), à plus de 800 mètres d’altitude. Classée en 2015, il s’agit de la première réserve naturelle de la Corrèze. Ce statut de protection reconnaît le caractère remarquable de ses écosystèmes.  

Le foncier est constitué à 77% de parcelles appartenant au CEN Nouvelle-Aquitaine, puis de parcelles de la commune de Saint-Merd-les-Oussines, et de quelques terrains privés. Le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, à l’initiative du classement en réserve naturelle, a été désigné gestionnaire par la Région Nouvelle-Aquitaine – autorité de classement de la Réserve naturelle régionale.  

Les espèces et milieux : 

La réserve naturelle s’insère dans l’un des derniers grands complexes de landes, pelouses et milieux tourbeux encore préservés du Plateau de Millevaches. Ces milieux constituent un « éco-paysage » très typique et raréfié, créé et maintenu par l’élevage extensif et l’agriculture traditionnelle de moyenne montagne. Le cortège d’oiseaux en témoigne avec quelques espèces très exigeantes, et de ce fait rares et menacées : Pie-grièche grise, Pipit farlouse, Circaète Jean-le-Blanc, Engoulevent d’Europe… 

Les eaux oligotrophes et acides des étangs de Chabannes et des Oussines, respectivement 12 et 15 ha, abritent des gazons amphibies et des herbiers aquatiques originaux et couvrant d’importantes surfaces. Les tourbières et milieux associés, couvrant plus de 40 hectares, représentent un enjeu essentiel pour la réserve. Ils abritent des reliques glaciaires qui trouvent refuge en de rares régions au microclimat particulier, comme c’est le cas ici : Droséras intermédiaire et à feuille ronde, Cordulie arctique, Vipère péliade…  

Circaète Jean-le Blanc ©J. Daubignard
Viola palustris © P. Cabaret
Vaccinium oxycoccos © P. Cabaret

Les sites inclus dans la réserve : 

On peut distinguer 4 sites au sein de la réserve naturelle, illustrés ci-contre : l’étang-tourbière de Chabannes, les landes et tourbières du Pont la Pierre, les Landes de Marcy et le site de l’étang des Oussines.

L’étang-tourbière de Chabannes : Très ancien, cet étang a connu une remise en eau dans les années 1980, la tourbière du fond de vallée s’est alors « décollée » pour former les radeaux flottants que l’on aperçoit. Laissés en évolution libre, ces milieux sont d’une grande originalité ! L’étang est bordé de landes et tourbières exceptionnelles, entretenues en partie grâce au partenariat avec des éleveurs ovins. Afin de garantir la quiétude des lieux et de l’activité pastorale, ce site n’est pas en accès libre.

Le Pont la Pierre : Ce pont « planche » est magnifié par un vaste ensemble de tourbières et landes préservées ou restaurées, refuge d’une faune typique et sensible à la « fragmentation paysagère ». Le Ruisseau de Marcy offre les qualités requises pour le développement harmonieux du cortège piscicole indigène, notamment pour la Truite commune.

L’étang des Oussines : Il s’étend sur plus de 14 hectares sur le cours de la Vézère, non loin de sa source. Ici se croisent des enjeux liés au milieu aquatique et la continuité écologique, à la faune et la flore liées à l’étang et au cours d’eau, et au patrimoine local historique. Une concertation est en place afin de trouver des aménagements adaptés visant à réduire les impacts sur la Vézère, et de conserver le plus possible de végétations remarquables dépendantes de la nappe d’eau de l’étang.

Les landes de Marcy : Ces paysages de landes ont été façonnés par le pastoralisme et la conduite de troupeaux de brebis limousines pendant des siècles. Filière ovine, paysage et biodiversité sont intimement liés. Aujourd’hui la gestion des milieux ouverts est en grande partie le fruit d’un partenariat entre le Conservatoire et les fermes du secteur.

La gestion de la réserve : 

Le premier plan de gestion de la réserve couvre la période 2021-2025. Les actions recouvrent différents domaines : prestations de conseil, études et ingénierie (ex : étude de mise en conformité d’étangs), interventions sur le patrimoine naturel (ex : restauration mécanique de milieux ouverts, pâturage), connaissance et suivi continu du patrimoine naturel (ex : mise à jour de la cartographie des végétations), création et maintenance d’infrastructures d’accueil (ex : mise en place de la signalétique réserve naturelle), création de supports de communication et pédagogie (ex : création d’une plaquette de présentation), surveillance du territoire et Police de l’environnement (ex : répertoire des infractions constatés, assermentation du personnel de la réserve), management et soutien (ex : montage et suivi administratif et financier des opérations), prestations d’accueil et d’animations (ex : animations gratuites pour le grand public), participation à la recherche (ex : développement de partenariats de recherche appliquée).  

Animation pour l’Université de Limoges © P. Cabaret
Suivi des Odonates © S. Guittonneau
Animation grand public © P. Cabaret

Ces actions sont principalement financées par la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Agence de l’eau Adour Garonne, et plus ponctuellement par le FEDER ou l’Etat (DREAL). Elles sont menées en régie ou le CEN fait appel à des prestataires pour la réalisation d’études ou travaux. Le CEN conventionne avec des fermes pour le pâturage extensif des terrains le nécessitant. 

Réglementation :

Toute cette richesse ne pourrait être durablement conservée sans l’adoption de règles de bonne conduite. Ainsi dans la réserve il est notamment interdit ou obligé de respecter certaines mesures :

  • Rester sur le sentier
  • Respecter la quiétude des lieux pour la faune
  • Camping interdit
  • Tout prélèvement est interdit
  • Chiens interdits
  • Déchets interdits
  • Feu interdit
  • Engins motorisés interdits

Documents sur la Réserve

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