Redécouverte de l’Ophrys de Gascogne, une des espèces d’Orchidées les plus rares de Nouvelle-Aquitaine ! (33)

Redécouverte de l’Ophrys de Gascogne, une des espèces d’Orchidées les plus rares de Nouvelle-Aquitaine ! (33)

La Butte de la Lot est un des sites les plus remarquables de Gironde pour ses enjeux floristiques. Couvrant un peu plus de 4 hectares au cœur du territoire viticole du Médoc, il abrite une belle diversité d’habitats et d’espèces rarissimes, pour la plupart inféodées aux milieux secs et thermophiles : Fétuque de Lahondère, Cardoncelle molle, Azuré du Serpolet, Damier de la Succise, Decticelle échassière…

Mais les enjeux les plus importants résident dans le groupe des Orchidacées dont le site ne recense historiquement pas moins de 19 représentants ! Orchis, Ophrys, Anacamptides, Sérapias, Spiranthes… sont autant de groupes d’espèces s’épanouissant sur cette butte sèche acquise et gérée par le CEN depuis l’année 2008. Et parmi ces dernières, une se distingue particulièrement : l’Ophrys de Gascogne (Ophrys vasconica).

Extrêmement rare à l’échelle régionale, la Butte de la Lot fait partie du cercle très « fermé » des trois localités réputées pour abriter l’espèce et aujourd’hui constitué de :

  • La plus importante population régionale, située en Charente, au nord de Cognac, et observée régulièrement depuis 12 ans ;
  • Une petite population située sur l’Île d’Oléron en Charente-Maritime, mais non revue depuis près de 10 ans ;
  • Une station probablement éteinte dans l’est du département de la Gironde, car non revue depuis plus de 25 ans.

Espèce protégée et désignée « En danger critique d’extinction » régionalement, ce minuscule Ophrys n’avait pas été revu depuis près de 10 ans ! Un constat source d’inquiétude quant à son maintien sur le site.

Eh bien voilà qui est fait ! Mais toujours timidement… Avec seulement 4 pieds observés ce printemps, l’Ophrys de Gascogne représente un enjeu extrêmement fort de par sa rareté et sa fragilité (1 seul pied était habituellement observé annuellement dans le passé). C’est notamment en ce sens que le site de la Butte de la Lot a fait l’objet, le 8 juin 2015, d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB). Malgré cela, les passages de vélos ou de motos, bien que plus rares, demeurent toujours présents sur les zones les plus sensibles. D’autres atteintes alarmantes ont également eu lieu, comme en ce début d’année 2026 durant lequel trois restes de feux de camp ont été observés, dont deux situés en plein sur la zone de développement de l’Ophrys de Gascogne.

Des atteintes malheureusement toujours d’actualité qui nous rappellent sans cesse que la survie d’espèces aussi rares et fragiles ne tient qu’à un fil…

Kévin Marie-Louise-Henriette

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