Mayne Gros Bos : apprendre en faisant, sur le terrain (24)

Sur le site du Mayne Gros Bos, le chantier commence tôt. Bottes aux pieds, outils en main, les étudiants en BTSA Gestion et Protection de la Nature (GPN) du lycée agricole de La Peyrouse à Coulounieix-Chamiers interviennent sur un site qu’ils découvrent autant qu’ils apprennent à gérer.
Situé entre Montpeyroux et Carsac-de-Gurson, ce site de près de 28 hectares, propriété du Conservatoire depuis 2021, s’inscrit dans les paysages caractéristiques de la Double du Landais. On y retrouve une mosaïque de milieux : prairies de fauche, landes sèches, boisements, mares et étang. Une grande partie du site est toujours exploitée par un agriculteur local, ce qui participe au maintien de l’ouverture des milieux.
Lire le paysage, agir avec précision
Sur le terrain, les interventions répondent à des besoins très concrets.

Le long de l’étang, la digue s’est peu à peu refermée sous l’effet du développement d’un fourré dense. Sans entretien, la végétation ligneuse fragilise l’ouvrage : racines, prise au vent, risque de chute… autant de facteurs qui peuvent, à terme, compromettre sa stabilité. Les étudiants s’attachent donc à rouvrir cet espace, dans un objectif simple : préserver l’intégrité de la digue.

Un peu plus loin, en pleine prairie, une mare discrète est progressivement colonisée par des saules, d’abord en périphérie puis jusque dans la dépression. Elle tend à s’effacer du paysage, s’asséchant au fil des saisons. Ici, le chantier prend une dimension de restauration : dégager, rouvrir, redonner de la lumière pour permettre à la mare de retrouver sa place et son rôle.
Apprendre, gérer, transmettre
Au Mayne Gros Bos, ce chantier école est à la fois est à la fois un support de formation et une action de gestion.
Les étudiants travaillent sur des situations concrètes : observer un milieu, comprendre ce qui s’y passe, choisir comment intervenir. Encadrés par leurs enseignants et les équipes du Conservatoire, ils participent directement à l’entretien du site, en lien avec l’activité agricole existante.
Ces temps de terrain sont aussi l’occasion de se confronter à la réalité du métier : des choix à faire, des contraintes, et surtout la nécessité de trouver un équilibre entre évolution naturelle des milieux et interventions humaines.
Ce partenariat, renouvelé chaque année, illustre ainsi une double ambition : former les futurs professionnels tout en contribuant, de manière tangible, à la préservation durable des sites du Conservatoire.
Benoît Duhazé


