Liste et méthode des lichens et champignons lichénicoles déterminants ZNIEFF en Nouvelle-Aquitaine

En 2025, la DREAL a missionné le CBN Sud-Atlantique pour coordonner la réalisation d’une liste des lichens et champignons lichénicoles déterminants ZNIEFF, dans la région Nouvelle-Aquitaine.
Ce travail abouti fin 2025, validé début 2026, a été réalisé par les Conservatoires botaniques nationaux du Massif central – des Pyrénées et Midi-Pyrénées – Sud-Atlantique et le conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine.
La méthode employée suit le cadre méthodologique proposé par le Réseau thématique lichens inter-CBN en 2025, lui-même établi à partir du Guide méthodologique pour l’inventaire des ZNIEFF (Horellou et al., 2013 ; Lepareur et al., 2020, 2021) et de plusieurs méthodes existantes pour la flore vasculaire, les bryophytes et les araignées (Abadie et al., 2018 ; Guerbaa, 2022 ; Hauguel et Toussaint, 2019). Les méthodes adaptées à des groupes peu connus, comme les bryophytes et les araignées, ont été utiles pour reprendre certaines adaptations imposées par le manque de données.
Bien que les connaissances en lichénologie restent lacunaires, il y a eu un développement certain de celles-ci depuis 2017 : inventaires, saisie de la bibliographie, etc. Toutefois de fortes disparités apparaissent entre département, exemple : 148 taxons en Charente à 1130 dans la partie montagnarde des Pyrénées-Atlantiques. Le nombre de données, lors de la réalisation de ce travail était de 6 539 avant 1990, 31 310 après 1990, soit un total de 37 849 données pour la Nouvelle-Aquitaine.
Sur les 1 443 taxons évalués, auxquels ont été appliqués 5 critères d’exclusion et 5 critères de sélection, 326 taxons ont été proposés comme déterminants, soit 22% des taxons évalués. Parmi ces 326 taxons déterminants, 2 sont des sous espèces. 17 sont présents sur le domaine maritime et contribueront à la délimitation des ZNIEFF marines.
Par ailleurs 6 taxons ont été proposés à l’échelle départementale. 4 concernent le Limousin pour des taxons soit atlantiques, soit montagnards ; les 2 autres correspondent à des taxons communs en montagne mais rares en plaine.
Les milieux à enjeux pris en compte sont :
- plusieurs habitats d’intérêt communautaire :
- les estrans rocheux (HIC 1170) ;
- les fourrés halophiles à Suaeda vera et Sarcocornia fruticosa gr. (HIC 1420) ;
- les dunes grises (HIC 2130) ;
- les berges rocheuses de rivière à lichens subaquatiques (HIC 3260) ;
- les landes (HIC 4030) ;
- les pelouses calcicoles (HIC 6210) ;
- les éboulis, rochers et falaises de montagne (divers HIC des catégories 81 et 82) ;
- les vieilles forêts (divers HIC des catégories 91 et 94).
- autres habitats, non considérés d’intérêt communautaire mais originaux, riches en lichens et parfois menacés :
- les fourrés sclérophylles aérohygrophiles, essentiellement à Buxus sempervirens ;
- les parois rocheuses soumises à des écoulements d’eau ;
- les combes à neige ;
- les fourrés littoraux, en particulier à Tamarix gallica ;
- les boisements marécageux ;
- les roches riches en métaux lourds.
Murielle LENCROZ


