Des mares pour le Sonneur à ventre jaune (19)

Sur le site du Désert de Chèvrecujols, les milieux aquatiques et humides se retrouvent principalement autour du ruisseau de Planchetorte en fond de vallée. Dans le cadre de l’application des actions de la notice de gestion 2014-2018, deux mares ont été créées en 2018 dans le fond d’une prairie de fauche afin de favoriser les populations d’amphibiens et, potentiellement, le Sonneur à ventre jaune. Ce petit crapaud atypique a été contacté à quelques occasions sur site, dans de petites dépressions des coteaux et dalles rocheuses ainsi que dans la prairie où la mare a été creusée. La dernière donnée date de 2022.
La géomorphologie particulière de cette vallée encaissée implique une érosion constante des falaises gréseuses et, par le ruissellement de l’eau, des apports réguliers de sables dans la prairie. La mare créée en 2018, connectée aux écoulements d’eau, a donc naturellement fini comblée par les dépôts de sable. Un curage a été réalisé en 2022, mais fin 2025 le même constat est fait et le maintien de la mare est jugé trop coûteux financièrement et énergétiquement, sans compter l’impact de travaux à répétition pour les milieux naturels du site.
Dans le cadre du Plan Régional d’Action Sonneur en Limousin, le GMHL (Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin), association partenaire entre autres spécialisée sur les amphibiens, s’est alors proposé d’intervenir en créant des mares pour favoriser le Sonneur à ventre jaune, au vu de sa présence potentielle dans le secteur. Un coup de main qui tombe à point nommé ! 7 mares ont ainsi été créées en fond de prairie, avec une configuration et une orientation jugées favorables pour l’espèce. Si le Sonneur est l’espèce visée, de nombreuses espèces d’amphibiens, d’insectes (odonates, macroinvertébrés aquatiques) de mammifères et de reptiles seront favorisées par cet aménagement.
Ces mares feront l’objet d’un suivi au cours des années 2026-2027, ainsi que de suivis spécifiques au Sonneur à ventre jaune.
Bruno Labrousse
Cette action a pu être réalisées grâce au Fond Vert, avec le soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.





