Découverte des scorpions à Mézin (47)

Mézin est surtout connue pour son musée du Liège et du Bouchon, qui retrace l’histoire unique de l’exploitation du chêne-liège et de l’industrie bouchonnière dans la région. Dès le XVIIIe siècle, l’Albret, grâce à ses forêts de chênes-lièges (ou « suberaies »), devient un pôle majeur de la production de liège. Les forêts locales, qui couvraient jusqu’à 5 600 hectares en Lot-et-Garonne, ont progressivement cédé la place à des plantations de pins maritimes après 1854, à la suite d’un arrêté de Napoléon III. Dès lors, une grande partie du liège transformé à Mézin a été importée d’Afrique du Nord et du Portugal.

Du fait de son histoire, la commune de Mézin abrite une population de Scorpion noir à pattes jaunes introduite involontairement par l’importation de plaques de liège de Méditerranée. Si ces arachnides sont surtout associés aux régions méditerranéennes, leur adaptation aux climats océaniques leur permet de coloniser des zones comme le Lot-et-Garonne.
Le 23 mai, le Conservatoire d’espaces naturels en partenariat avec le Musée du Liège a organisé une sortie crépusculaire pour observer ces étonnants invertébrés à l’aide de lampes UV. Plus de 45 personnes ont déambulé dans les rues du village dans le cadre de la fête de la Nature et de la manifestation nationale de la nuit européenne des musées. Pas moins de 100 individus de scorpions ont pu être observés ainsi que différents animaux nocturnes (chauves-souris, crapaud épineux et sphinx de l’épilobe).
Olivier Vannucci


