Chauffe tes mollets à Trémolat (24)

Chauffe tes mollets à Trémolat (24)

Si le titre de cette animation était une invitation à explorer les richesses du cingle de Trémolat à la force des jambes, les corps se sont échauffés plus que prévu lors de cette balade avec les premières chaleurs estivales de l’année et un soleil de plomb, arrivés bien en avance en ce 23 mai. Cela n’a pas empêché la douzaine de participants de s’émerveiller en découvrant le patrimoine naturel du site Natura 2000 des Coteaux calcaires de la vallée de la Dordogne.

Le cingle de Trémolat désigne un vaste méandre creusé par la rivière Dordogne dans les calcaires des plateaux périgourdins. Ce site paysager d’exception est à la fois classé et inscrit pour son caractère pittoresque. Du sommet de ces coteaux, de superbes vues sur la vallée de la Dordogne se dévoilent ainsi.

Pour autant, c’est avant tout le caractère naturel du lieu qui a motivé les participants, venus pour la plupart des alentours. Munis de filets à papillons et de leur sens de l’observation spécialement aiguisé pour l’occasion, ils sont partis à l’assaut des coteaux depuis le village de Trémolat, pour une boucle de quelques kilomètres au milieu des forêts de chênes verts, des landes à genévriers et des pelouses sèches, milieux emblématiques des coteaux du cingle, et d’une richesse insoupçonnée.

Il fait chaud dès la fin de matinée, mais fort heureusement, la montée est entrecoupée d’observations de multiples papillons venus se rafraîchir dans le sous-bois. C’est l’occasion de faire la différence entre papillons de jour (les Rhopalocères), et papillons de nuit (les Hétérocères), et de se rendre compte que ceux-ci sont bien mal nommés puisque le soleil ardent n’empêche manifestement pas certains de voler. La Panthère (Pseudopanthera macularia), la Thécla de l’yeuse (Satyrium ilicis) ou le chatoyant Azuré bleu-céleste (Lysandra bellargus) enchantent nos randonneurs.

La Panthère est un papillon de nuit… aux mœurs diurnes
La Zygène de la petite coronille, autre papillon « de nuit », fréquente volontiers les pelouses sèches

Arrivés sur les hauteurs, en bord de chemin ou au cœur des pelouses, il est temps de s’intéresser au cortège original de plantes qui colorent le site. Quelques raretés ont été observées comme l’exubérante Orlaya à grandes fleurs (Orlaya grandiflora), la délicate Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus) ou la très discrète Epipactis à petites feuilles (Epipactis microphylla).

L’Orlaya à grandes fleurs est très rare en Dordogne et dans la Région, mais présente d’importantes populations autour du cingle de Trémolat
L’Épipactis à petites feuilles est une petite orchidée qui se plaît dans les sous-bois secs

Il est déjà temps de se restaurer à l’ombre bienveillante et bienvenue des chênes verts, pour un moment gourmand et convivial, le tout à deux pas d’un réseau de terriers de blaireaux… La présence de deux adhérents du Conservatoire permet d’enrichir les échanges de leurs connaissances naturalistes… et même d’apprendre quelques rudiments de botanique en néerlandais !

Encore quelques coups de filets à papillons et le plaisir de voir ce qui ressemble à la naissance d’une vocation chez un jeune participant, qui attrape les papillons plus vite que son ombre ! Il est déjà temps de redescendre au village pour trouver un peu de fraîcheur.

Notre champion du jour en capture de papillons !

Merci aux participants pour leur enthousiasme et leur curiosité, aux adhérents qui ont coanimé cette animation, et aux habitants bigarrés et colorés du cingle qui nous ont émerveillés !

Cyrille Gouat

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