Concours de Prairies Fleuries – IIe Edition : le retour du jury dans les herbes hautes ! (47)

Après une première édition marquée par des orages bibliques et quelques sueurs froides sous les éclairs, le Concours de Prairies Fleuries faisait son grand retour ce 7 mai 2026 sur le territoire de l’Albret.
Même jury, même enthousiasme, mais quatre nouveaux candidats prêts à soumettre leurs prairies au regard aiguisé de notre jury. Parmi eux, une participation particulière : celle du Lycée Agricole de Nérac, venu démontrer que la transmission des savoir-faire agricoles et la préservation de la biodiversité peuvent faire très bon ménage.
8H30 – Les retrouvailles
Christophe Chambolle, fidèle à son béret et à son œil de botaniste averti, retrouve Alexis Bataille du Conservatoire d’Espaces Naturels, Lucie Charles du CAUE 47, et notre élue locale toujours aussi motivée. Le café coule, les crayons aiguisés, les carnets sont prêts… et le ciel est étonnamment clément.
Certains membres du jury regardent d’un air méfiant le ciel bleu, encore marqués par les souvenirs de l’année précédente.
9H17 – Un ENS sous la loupe du jury
La journée débute dans les prairies pâturées du Coteau de Peyroutet (à Moncrabeau), où orchidées sauvages et bovins composent un équilibre subtil. Très vite, les échanges s’animent autour des pratiques agricoles : chargement du bétail, dates de fauche, gestion de l’eau, qualité fourragère…
Car c’est tout l’intérêt du concours : montrer qu’une prairie peut être à la fois productive pour l’exploitation et accueillante pour la biodiversité. Car les deux objectifs ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Et ce qui a motivé la labellisation par le Conseil Départemental du site en Espace Naturel Sensible.

10H47 – Ô… la Gélise
La matinée se poursuit sur de nouvelles prairies pâturées, mais humide cette fois-ci. Au Chestian (à Réaup-Lisse), c’est la Gélise, classé Natura 2000, qui serpente sur les bords de prairies. Ces dernières sont parcourues par un petit cheptel de 10 vaches, qui entretiennent paisiblement les surfaces vertes de cette petite ferme.
12H36 – Pause déjeuner et débats animés
Comme toute journée de terrain réussie, celle-ci passe aussi par une bonne table. Et l’Albret s’y connait !
Entre deux bouchées, les discussions dérivent rapidement vers les sujets favoris du jury : les prairies permanentes, les pollinisateurs, les contrats Natura 2000, les orchidées, les papillons et les défis auxquels les exploitations agricoles doivent faire face.
Étrangement, personne ne parle météo cette année.
13H52 – Une prairie qui ne manque pas d’orchidées…
L’après-midi réserve une très belle surprise à Las Caubeyres (à Poudenas).
Sur l’une des parcelles candidates, le cortège floristique est particulièrement remarquable. Les orchidées s’y comptent par centaines et attirent immédiatement l’attention des naturalistes, qui font fuser les noms latins.
Mais ce qui les enthousiasme encore davantage, ce sont les nombreux Damiers de la succise observés en vol au-dessus de la prairie.
Ce papillon discret est l’une des espèces emblématiques des prairies bien conservées. Sa survie dépend directement de la présence de sa plante-hôte, la Succise des prés (et autres scabieuses), sur laquelle ses chenilles se développent.
Lorsque les prairies sont drainées, retournées ou que leur gestion devient trop intensive, les populations peuvent rapidement disparaître. À l’inverse, leur présence témoigne souvent d’un milieu préservé depuis de nombreuses années.
Voir autant d’individus sur une même parcelle constitue donc un excellent indicateur de la qualité écologique du site, mais aussi du travail réalisé par l’agriculteur qui entretient ces habitats. Autrement dit : lorsque le Damier de la succise se porte bien, c’est généralement toute une communauté d’espèces qui en profite.

14H59 – Le Lycée Agricole de Nérac passe l’examen
Les élèves et enseignants accueillent le jury avec enthousiasme sur la parcelle d’exercice du lycée (à Pompiey) et présentent leur démarche : concilier formation agricole, expérimentation et gestion durable des espaces.
L’occasion de rappeler qu’une grande partie des enjeux de demain reposera sur la formation des futurs agriculteurs. Produire, nourrir, entretenir les paysages, préserver les ressources naturelles : les métiers agricoles sont au cœur de nombreuses transitions.
Le jury se montre particulièrement intéressé par les échanges avec les élèves, qui n’hésitent pas les inonder de questions.

16H36 – Les dernières notes
Au fil des visites, les fiches d’évaluation se remplissent. Richesse floristique, valeur agricole, qualité paysagère, intérêt pour la faune, cohérence des pratiques : les critères sont nombreux et les débats parfois passionnés.
Certaines prairies impressionnent par leur diversité botanique, d’autres par leur qualité fourragère ou encore par leur rôle pour la préservation des zones humides.
Le travail de départage ne sera pas simple.
17H12 – Retour au bercail
Cette fois, aucun arbre couché, aucune coulée de boue et aucun geyser n’ont tenté d’empêcher le retour du jury. Une petite déception pour ceux qui espéraient secrètement revivre les aventures de 2025.
Mais une grande satisfaction demeure : celle d’avoir découvert des agriculteurs engagés, des prairies remarquables et des pratiques qui montrent qu’agriculture et biodiversité peuvent avancer ensemble.
Un grand merci aux quatre candidats de cette deuxième édition, aux membres du jury et à tous les partenaires mobilisés.
Le nom du lauréat sera dévoilé prochainement…
Alexis Bataille


