Pierre-feuille-radio sur les « Coteaux des Bouchauds à Marsac », en site Natura 2000 avec l’école de Marsac

Pierre-feuille-radio sur les « Coteaux des Bouchauds à Marsac », en site Natura 2000 avec l’école de Marsac

Le 24 avril 2026 au matin, 29 supers maternelles de l’école de Marsac sont partis à la découverte des coteaux en compagnie du CEN Nouvelle-Aquitaine. La sortie a débuté sur les bords de la Charente avec l’observation des libellules. L’attention captée et les consignes de collecte d’indices bien acceptées, le groupe entame l’ascension de la Côte de Châtelar par la face Est – réputée la plus ardue – car dominée par une étrange pelouse sèche, ponctuée de fleurs, de genévriers et d’insectes volants non identifiés. Échappés du réseau de coteaux environnants, quelques survivants de cette épopée d’1.3 km vous racontent : OCCE : Radio Pili – Par ici les idées

Au programme : 

Au cœur de la vallée de la Charente, les enfants se sont d’abord réunis sur les berges pour échanger sur la notion de « fleuve » (polysémie de la « Charente » qui donne son nom au département, différences entre un fleuve et une rivière, le sens du courant pour appréhender l’amont et l’aval, les sons de l’eau, la végétation rivulaire et la faune associée, son importance passée dans la circulation des biens, des personnes et des animaux, son rôle de corridor écologique…).  L’occasion de s’exercer à l’observation d’une libellule et d’une exuvie sorties de la boîte à loupe tout en contemplant en direct, le balai des libellules au-dessus de l’eau.

A quelques mètres de là, nous engageons l’ascension du sentier calcaire. Les consignes de ramassage des indices capables de faire « parler » ce coteau sont énoncées ainsi que la sensibilité environnementale du site d’intervention du Conservatoire. Un arrêt court aborde les temps géologiques : ici nous marchons sur d’anciens fonds marins, le principe de la sédimentation à l’origine de la formation du calcaire, la notion de vallée principale et de vallées secondaires, l’érosion de la roche-mère, la pelouse sèche sur « lithosol ». Arrivés sur la partie haute, nous échangeons sur d’autres indices à l’échelle du paysage : les clôtures (une ancienne et une récente sans doute pour du pâturage ovin ou caprin, encore actif), silhouette du hameau à l’interface des cultures, pâturages, vergers et proches de l’eau…

Au sommet, le groupe marque une première pause fraîcheur à l’entrée de la parcelle CEN. Un volontaire résume ce qu’on retient à ce stade en s’appuyant sur le poster, avec l’aide de l’enseignante.

Illustration d’une pelouse sèche réalisée par Vincent Gazda, stagiaire au Service Communication au CEN Nouvelle-Aquitaine et utilisée sur site pendant la visite. 

Nos premiers pas sur la pelouse sèche donnent à voir la série « pelouses sèches, fourrés, boisements » et la nécessité de maintenir une mosaïque d’habitats pour accueillir un large panel d’espèces. Nous appréhendons la notion de versant exposé/ombragé, l’évolution du climat (une plante d’affinité méditerranéenne telle que l’Érable de Montpellier à Marsac!).

Plus avant dans la parcelle, le CEN rythme la découverte du site par quelques anecdotes sur le cycle de vie du papillon (le machaon), l’exemple d’association inter-espèces entre l’azuré et la fourmi… la baie du genévrier avec l’écoute attentive des adultes (fabrication du gin), les animaux inféodés aux plantes, l’orchis jaune, cette petite orchidée remarquable du secteur. A ce stade, on se (re)situe dans le paysage : vallée de la Charente, vallée secondaire, sommet de la Côte de Chatelar.

Petite « pause » photographique sur le chemin de crête, entre boisement et culture.

Empruntant le chemin de crête, les arrêts se font plus fréquents. Nous discutons de la diversité d’essences arborées (noyers, érables, frênes et chênes avec la collecte d’une pelote de réjection, d’une coque de noix), le marquage de l’itinéraire de randonnée, le peu d’insectes en survol des cultures, les vues sur d’autres pelouses sèches, de proche en proche.

Arrivés au bout du chemin, à l’ombre, un point rapide met en lumière le principe de réseau de pelouses sèches disséminées sur le territoire communal, l’importance du site à l’échelle européenne (Natura 2000). En attendant le repas, une paire de jumelles circule parmi les enfants pour observer le paysage. Après tant d’efforts, nous entamons le pique-nique apporté par l’agent communal, visiblement amusé par la gaieté ambiante sur les coteaux de Marsac.

Exemples de visuels pour expliquer le réseau local de pelouses sèches et illustrer la présence remarquable de l’Ophrys jaune (Ophrys lutea, ancien emblème du village).

Dans notre panier :

Destinés à être remobilisés en classe autour du projet de jeu du CEN Nouvelle-Aquitaine, voici de manière non exhaustive quelques-uns des indices collectés : cailloux calcaires (milieu marin), feuille de viorne lantane (indicatrice de milieu calcaire), pelote de réjection (avifaune), noix (noyer, l’arbre des plaines)… auxquels le CEN contribue avec un fossile, un coquillage et un mini livret d’explorateur.

Merci et bravo aux enfants, ATSEM, enseignantes et Directrice de l’école, pour ce partage riche en émotions!

Bonus :

Quelques photos du site réalisées lors de la préparation de l’intervention auprès des scolaires.

Le mini carnet d’explorateur.

En partenariat avec l’école de Marsac
Avec le soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l’Europe.

Patrick Guédon

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