Acquisition Marais de Broue (17)

Acquisition Marais de Broue (17)

Description du site du Marais de Broue 

Le marais de Brouage est l’une des plus vastes zones humides du littoral français. Le Conservatoire d’espaces naturels y mène, depuis de nombreuses années, une action foncière afin de préserver ces prairies naturelles humides, leurs fonctionnalités bio-géo-chimiques (rôle dans le cycle de l’eau : zone tampon, épuration, stockage de carbone) ainsi que le support d’habitat qu’elles constituent. À ce jour, ce sont 230 hectares de marais qui ont pu être protégés, et qui font l’objet d’une gestion conservatoire, en partenariat avec les acteurs locaux. 

En effet, ces prairies sont pour la majorité valorisées par une activité de pâturage extensif, des pratiques qui permettent le maintien de prairies naturelles permanentes et, avec elles, des cortèges biologiques associés. Implanté dans l’ancien golfe de Saintonge, et donc sur un substrat salin, il s’agit de milieux de prés salés ras méditerranéens à Jonc, Carex, Houlque et Trèfle qui abritent également, plus ponctuellement, des Phragmitaies, des formations halophiles à Scirpe et à Souchet maritime, ainsi que des magnocariçaies (CBNSA, 2022). 

Le marais de Brouage se distingue par sa richesse écologique, et fait l’objet de plusieurs zonages en ce sens :  ZNIEFF de Type I – « MARAIS DE BROUAGE – SAINT-AGNANT » ; ZNIEFF de TYPE II – « MARAIS ET VASIERES DE BROUAGE-SEUDRE-OLERON » ; ZPS Natura 2000 – « Marais de Brouage, Ile d’Oléron » ; ZSC Natura 2000 – « Marais de Brouage (et marais nord d’Oléron) » ; ZICO Natura 2000 – « ILE D’OLERON, MARAIS DE BROUAGE – SAINT-AGNANT »., en plus de l’intervention foncière du CEN et du Conservatoire du littoral. En reproduction, le site accueille, entre-autre, grâce à la mosaïque d’habitats, des limicoles (Echasse blanche, Vanneau huppé, Avocette élégante, Petit gravelot), des espèces paludicoles (Rousserole effarvate, Locustelle luscinoïde, Phragmite des joncs) ainsi que des rapaces (Faucon crécerelle, Busards des roseaux) (données CENNA). D’autres espèces patrimoniales sont présentes, notamment la Cistude d’Europe, qui hiverne dans les fossés et pond sur les bosses de marais ou sur les coteaux (CENNA 2017). Cette liste non exhaustive témoigne de la richesse de ces milieux et, dans un contexte de pressions sur les zones humides terrestres, sur la ressource en eau, d’érosion de la biodiversité ainsi que des effets du dérèglement climatique, la maitrise foncière permet de préserver ces milieux fragiles. 

Enfin, le marais de Broue est reconnu pour son patrimoine et son paysage, et a récemment fait l’objet d’une labellisation Grand Site de France. 

Description des acquisitions 

Les acquisitions de 6 parcelles réalisées en 2025 sur le périmètre de marais de Broue, ont permis d’accroître de 8,50 hectares la maîtrise foncière du CENNA. 

Il s’agit de prairies de marais, exploitées par une activité de pâturage extensif (2 éleveurs distincts). Suite à des états de lieux et des inventaires initiaux sur les parcelles par le CENNA, un travail sera réalisé avec les exploitants en place, afin de concilier les enjeux de conservation et les pratiques agricoles : cahier des charges (date d’intervention sur les refus, sur la mise à l’herbe, la fauche, traitements prophylactiques, etc.), mesure de gestion (travaux, hydraulique), cahier de suivi, … In fine, le CEN contractualise avec les exploitants avec des baux ruraux à clauses environnementales. 

De manière plus globale, cette protection foncière vise à accroître la cohérence de la maîtrise foncière du CEN sur ce secteur et, ainsi, à faciliter les mesures de gestion. Par exemple, des mesures de gestion, telles que la création de mares, la préservation des ripisylves ou l’implantation de haies, pourront être menées afin de renforcer les trames vertes et bleues et d’améliorer la gestion qualitative et quantitative de l’eau. Enfin, sur du long terme, l’action du CEN permet de sauvegarder et de gérer ces niches écologiques, dans un contexte d’anticipation et d’adaptation au changement climatique (pression sur les habitats, report des enjeux, continuité spatio-temporelle des niches, etc.). 

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